On me pose souvent la question de savoir si tout peut se vendre en ligne. Et ma réponse est “bien sûr, pourquoi pas ?”. Si l’e-commerce est relativement récent à l’échelle de l’humanité, il ne faut pas oublier que la base du commerce a toujours été d’apporter des produits venant d’ailleurs jusqu’aux clients. Si au XXème siècle, à l’ère du tout automobile on voulait faire bouger les gens, n’oublions pas qu’avant c’était souvent les vendeurs qui faisaient ce dernier kilomètre. Et puis, à l’époque du télé-shopping des années 80-90, les gens n’achetaient-ils pas à distance ? Bref, vous l’aurez compris, l’e-commerce n’est qu’une innovation parmi d’autres, ni la première ni la dernière. Et oui, on peut tout vendre par ce biais.

Mais et les produits frais dans tout ça ?

Si j’écris ce billet aujourd’hui, c’est bien pour combattre ce type d’à priori. Le problème, cela a toujours été la question de la rentabilité de ce dernier kilomètre. Et aujourd’hui, visiblement, Chronopost y croit aussi puisqu’une rumeur dit qu’ils envisageraient actuellement d’ouvrir une place de marché pour la vente de produits frais et secs. Mais, est-ce vraiment si révolutionnaire ? Par exemple, Abel and Cole existe depuis des années au Royaume-Uni, et La Belle Assiette nous prouve que dans une certaine mesure, même les chefs cuisiniers sont prêts à jouer les livreurs. Donc au bout du compte, on en revient toujours au même problème, celui de rentabiliser le temps du livreur et le coût lié au déplacement. Quand le tissu urbain est dense, c’est facile mais à la campagne, ça l’est moins. Par le passé, n’avait-on pas des laitiers qui faisaient leur tournée ? Il s’agirait donc plutôt de trouver des solutions innovantes, entre méthodes vieilles comme le monde et nouvelles technologies.

En conclusion

Il serait une erreur de croire qu’il n’est pas possible de tout vendre en ligne. Si la logistique arrive à suivre, que le service client est de qualité, il n’y a pas de raison pour que cela ne fonctionne pas. Que l’on vende un service ou un produit, même hyper-frais, même hyper-spécialisé cela n’a rien d’impossible. Après, tout dépend bien sûr de l’efficacité de votre stratégie marketing ainsi que de l’adéquation offre/demande. Pour en revenir au vrai problème : votre produit ou votre service répond-il à un besoin ? D’une personne réelle, qui est prête à payer pour résoudre son problème ? Si oui, inutile de se chercher de mauvaises excuses, il ne reste qu’une chose à faire : foncer et battre la concurrence sur ce dernier kilomètre en innovant !

Grégory Chartier
Publié par Grégory Chartier

Expert Prestashop